Morgan Dutemple
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Pourquoi la majorité des comités de pilotage ne servent à rien

On m'a souvent demandé combien de réunions de pilotage je tiens par semaine. La vraie question n'est pas la fréquence, c'est la fonction : un comité qui ne change jamais une décision n'est pas un outil de pilotage, c'est un théâtre.

Le symptôme : on rapporte, on ne décide pas

Sur beaucoup de projets, le comité de pilotage est devenu un rituel de reporting déguisé. On y présente un statut, personne n'arbitre, et la vraie décision se prend ailleurs : dans un couloir, un Slack privé, ou pas du tout.

Trois signes qu'un comité ne pilote plus rien

  • L'ordre du jour est identique depuis trois mois
  • Aucune décision actée n'a de date de réexamen
  • Les risques présentés sont toujours les mêmes, jamais résolus ni escaladés

Ce qui change quand on le recadre

Un comité de pilotage utile a une seule fonction : trancher ce qui ne peut pas l'être à un niveau inférieur. Tout le reste (statut, avancement, indicateurs) doit être disponible avant la réunion, pas présenté pendant.

Ce que je fais concrètement

  1. Je sépare le reporting (asynchrone, avant la réunion) de l'arbitrage (le seul sujet de la réunion)
  2. Je n'inscris à l'ordre du jour que des décisions, jamais des points d'information
  3. Je documente chaque arbitrage avec une date de réexamen, sinon il ne compte pas

Le résultat n'est pas moins de réunions, c'est des réunions qui produisent quelque chose.